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2 et 3 Juin 2007
Nous n’étions pas au
complet
Présents :
Acey, Blauvac, Castagniers, le Désert, les Flandres, la Grange, Igny, Port du
Salut-La Coudre, Scourmont, Ubexy.
Représentés :
Cabanoules, le Rivet
Absents excusés :
Aiguebelle, Atlas, Tamié, Timadeuc.
Pas de réponse :
de Koutaba, ni d’Orval.
Un groupe
: s’est dissous, celui de Suisse Romande.
Avant
de commencer réellement le travail, j’ai voulu relire la « Déclaration de
Scourmont », tant il est vrai que cette rencontre s’inscrivait dans la
parfaite continuité de celle de 2006.
Notre rencontre s’est
déroulée sur deux jours. Nous étions heureux de compter parmi nous plusieurs
membres du groupe de Scourmont, qui nous accueillait, et qui ont participé de
manière très active aux échanges.
Le rendez vous était fixé
au Vendredi soir pour les Vêpres et presque tout le monde était là, ce qui nous
a permis un bref temps de présentation après Complies.
Dom
Armand était présent et nous a prié de l’excuser pour la journée du Samedi
puisqu’avait lieu la bénédiction abbatiale de Dom Lode à Orval, tout près de
Scourmont.
Après
une bonne nuit de sommeil, réparatrice des fatigues du voyage, nous avons
assisté ensemble aux Offices du matin et à la Messe.
Première réunion de
travail : Samedi matin de 9h à 12h
Les
groupes se sont présentés : à la fois ceux qui étaient déjà présents l’an
dernier, rapidement, et de manière plus approfondie ceux qui participaient pour
la première fois : Acey, Flandres, Grange, Igny.
Cette présentation a été
faite par un document écrit, archivé.
Le Rivet et Cabanoule,
nouvellement crées, m’avaient confié leur texte que j’ai lu.
La
majorité des groupes se recommandent d’un monastère qui leur donne leur
« origine » et donc leur nom ; aussi avons-nous toujours parlé
de « Acey », « le Rivet », « Igny », etc…, mais
sans jamais oublier qu’il s’agissait d’une manière de parler et que l’on
désignait par là bien évidemment le groupe des laïcs rattachés à telle ou telle
communauté et non la communauté monastique elle-même.
Seul
le groupe dit de « La
Grange de Clairvaux » présente une particularité,
puisqu’il « fédère » cinq groupes régionaux. Il a cependant été
précisé que le monastère de rattachement était Cîteaux et qu’un travail
d’approfondissement était en cours sur la nature des liens qui les unissent.
Le
repas de midi s’est pris, non pas en silence, mais nous y avons prolongé nos
échanges, nous permettant de faire plus ample connaissance les uns avec les
autres.
Trois
religieux étaient présents : Sœur Marie-Raphaële de Blauvac, Sœur Marie-Jo
d’Esquermes, Frère Pierre-André du Désert. Tous trois ont été invités à
s’exprimer sur ce qu’ils avaient entendu. Nous nous sommes sentis écoutés et
reçus dans notre recherche ; le mot « nouvelle Pentecôte » a été
prononcé.
De
même, comme représentante francophone du CI, j’ai présenté rapidement la
situation actuelle du CI et le travail qu’il a effectué depuis le chapitre
général OCSO en 2006. Cela permet de situer dans son contexte la nature de la
réflexion qui est menée, ici, à Scourmont en 2007, sur l’identité
« cistercienne » des laïcs en vue de la rencontre internationale de
Huerta en 2008 (voir ci-dessous).
Deuxième rencontre de
travail : Samedi après-midi entre None et Vêpres
Nous
avons décidé de vivre cette réunion en séance plénière, le travail en petits
groupes ne nous paraissant pas forcément nécessaire à la qualité de nos
échanges.
Il
faut souligner que cette rencontre, studieuse et laborieuse, a été entrecoupée
d’une pause (dans le patois régional, ça s’appelle « prendre son quatre
heures ») dont nos amis belges nous ont fait comprendre qu’elle était in-dis-pen-sa-ble. Ils ont
raison !
L’objet
de ce temps de travail avait pour but de s’exprimer sur ce qui fera le thème de
la Rencontre
Internationale de Huerta en 2008 : « l’identité
cistercienne » des laïcs que nous sommes.
La
réflexion sur cette question (où on a parlé de la « spiritualité de
l’avent ») nous a amenés à distinguer 3 niveaux d’implication
complémentaires : le plan personnel, le niveau du groupe et la relation de
chaque groupe avec une/sa communauté monastique de référence. Un quatrième
niveau, celui de la relation entre les divers groupes de laïcs (ou lien de
charité unissant les groupes), a également été abordé, mais principalement
durant la réflexion du dimanche. Nous y reviendrons donc plus loin. Pour le
moment, retenons les trois premiers « niveaux » :
1) Au niveau personnel
Il y a eu une totale
unanimité pour s’accorder sur le fait que chacune et chacun d’entre nous était
rejoint au plus profond de lui-même par l’expérience vécue auprès du monastère
d’accueil. Il s’agit d’un mouvement du cœur qui peut s’appeler
« conversion permanente », pour des raisons qui ne sont pas toujours
faciles à expliquer. Certains ont pu parler de redécouverte de leur histoire
personnelle, d’autres de « présence
à soi-même », d’autres de découverte de la liberté, et, après discussion
peut-être pouvions nous dire « parce que cela nous convient ». Tout
simplement.
2) Au niveau du groupe
Cette découverte
personnelle, pour ceux qui étaient présents, ne fait pas l’économie du partage
communautaire. Il n’est pas sans importance de souligner que notre désir se
trouve amplifié par le fait qu’il est partagé par d’autres femmes et hommes
avec lesquels nous partageons le même attrait pour la spiritualité
cistercienne. Mais là, nous avons rencontré un problème d’ordre sémantique, le
terme de « communauté » de laïcs ne nous satisfaisant pas plus que
celui de « groupe ». Nous sommes totalement d’accord sur le fait que
nous ne sommes pas appelés à vivre de manière communautaire ce lien cistercien
(comme si nous étions appelés constituer une « communauté de vie » au
sens propre et canonique du terme : communauté de table, de prière, de lieu
et de biens). Par contre, et c’est là l’essentiel, nous faisons l’expérience de
liens fraternels très forts qui ne sont pas recherchés pour eux-mêmes, mais
sont reçus comme des cadeaux. A cet égard, le terme « fraternité »
est sans doute celui sur lequel nous nous rejoignons le plus.
L’imbrication de ces deux premiers plans (le niveau de la
personne et le niveau de la fraternité) peut
se vérifier en ceci que la démarche personnelle se trouvait soutenue par une
démarche commune : la lectio divina, unanimement vécue comme moyen
d’unification personnelle, permettant de réduire la tension que créent en nous
appel à la vie intérieure (prière) d’une part et engagement dans le monde
(action). Unification personnelle qui nécessite du temps, c’est évident, mais
qui peut se faire grâce à l’aide qu’apporte la communauté monastique.
3) Les liens avec nos monastères
De
ce point de vue, nous avons pu assez facilement tomber d’accord sur
l’importance que revêt la fréquentation de la communauté monastique, que ce
soit par la participation aux offices, par les temps de retraite personnelle,
par les temps de rencontre des fraternités à l’hôtellerie des monastères. En
effet, ce que nous voyons alors, c’est l’incarnation de cette spiritualité qui
nous attire. Cette incarnation nous permet d’entrer plus concrètement dans la
réalité de notre désir, puisque nous voyons des sœurs et des frères qui vivent
cette spiritualité, dans un mode de vie différent certes, mais nous échappons
alors à la tentation du rêve ou de l’idéalisme.
Par
contre, nous avons perçu davantage de divergences de vue en ce qui concerne sur
la nature de liens que nous avons avec nos monastères. Nous avons parlé
d’« accompagnement », mais certains préfèrent le terme de
« compagnonnage » qui leur semble plus respectueux de l’autonomie des
laïcs. Pour la plupart d’entre nous, il semble difficile, voire impossible,
d’exister sans cette communauté monastique qui nous a comme engendrés. Mais
pour d’autres, il pourrait se concevoir une sorte de cheminement temporaire
qui, ensuite, donnerait naissance à un groupe indépendant et totalement
autonome par rapport au monastère. Ce temps de cheminement serait alors
assimilé à une sorte de « temps de formation ». Nous y reviendrons.
Ce
qui est sûr, dans tous les cas de figures, c’est le grand désir de
responsabilité qui nous habite. Nous sommes d’accord pour dire que le laïc
n’est pas un chrétien de seconde catégorie, et que l’appel à la sainteté
concerne chacun, religieux comme laïc. Bien loin de consister un « plus de
droits », cette prise de conscience nous ouvre à « plus de
devoirs », plus d’humilité.
Nous
avons réaffirmé avec force et avec unanimité notre volonté de respecter
totalement la vie monastique de nos frères et sœurs et de ne vouloir en rien
venir troubler un choix de vie que nous respectons. De même, aucune confusion
sur le fait que nous sommes laïcs dans le monde, nullement appelés à jouer au
moine, pas plus qu’à adopter une attitude sectaire.
Bien
au contraire, tous ces liens sont destinés à nous enfoncer encore plus
profondément dans tous nos lieux de vie où nous devons devenir levain de la
pâte par la grâce des dons reçus.
Il
est à noter que le groupe de Castagniers a fourni un remarquable travail de
thématisation des enjeux liés à cette double question (1) du lien avec le monastère
et (2) de la manière de vivre de la spiritualité cistercienne dans le
monde (alors que les moines et moniales le font en s’en retirant…).
Apparaissait ainsi en pleine lumière le paradoxe qu’il y a à parler de
« laïcs cisterciens ». Comment est-ce possible ? Question
évidemment ouverte et difficile…
Ajoutons aussi que la fin
de l’après midi du samedi a pris la forme d’un débat ouvert, où, à travers les
propos échangés se cherchait comme à tâtons ce qui ferait pour ainsi dire la « Cistercianité »
du laïc qui vit en lien de proximité et d’alliance avec un monastère
cistercien. Ne serait-ce pas justement, tout simplement, de vivre de ce lien étroit avec un
monastère cistercien, pour y puiser la sève de sa vie spirituelle et donc
trouver ainsi la source de sa fécondité apostolique et missionnaire dans les
profondeurs d’un cœur à cœur à Dieu ? Où le « faire » de nos
engagements humains et professionnels puise son énergie dans l’être-devant et
en-Dieu de la vie spirituelle… La question sera d’ailleurs reprise durant les
échanges du dimanche après-midi…
Troisième séance de
travail : Dimanche matin avant la Messe
Nous
avions environ deux heures pour débattre des liens de charité qui unissent les
groupes (le dernier des quatre niveaux signalés plus haut). Notre accord est
total sur l’intérêt de nous rencontrer et, au-delà, d’aller à la rencontre des
groupes du monde entier. La participation à la RI de Huerta est une évidence pour tous.
Mais
une question s’est posée : « Une rencontre, telle que celle que nous
vivons - qualifiée de « rencontre de travail » et programmée à
l’initiative du Comité International - doit-elle être l’unique type de
rencontre que nous avons à partager, ou pouvons-nous envisager d’autres formes
de rencontre, plus conviviale, plus fraternelle, voire plus
informelle ? »
Certains allaient dans ce
sens, avançant l’argument que, sans se substituer aux rencontres de travail, ce
second type de rencontre permettrait effectivement une participation ouverte à
un plus grand nombre.
Certains ont cependant
souligné qu’il n’était pas forcément souhaitable de trop multiplier les
occasions de rencontres, une certaine ascèse cistercienne nous invitant plutôt
au silence, au calme et à l’intériorisation.
Etant
donné que l’an prochain nous nous retrouverons à Huerta, la question qui se
posait alors était la suivante :
« Devons-nous
envisager une rencontre identique à celle-ci tous les ans ? Et dans ce
cas, comment faire la place à une rencontre d’un type différent ? »
Il
fut alors décidé de procéder à un vote pour nous départager.
A l’exception d’une voix,
nous choisîmes de nous rencontrer en 2010 à l’initiative du CI, pour une
rencontre de travail identique à celle-ci.
Le nombre de ceux qui
choisirent cette option est sans doute équitablement partagé entre ceux qui
l’ont fait de manière à dégager l’opportunité d’une rencontre supplémentaire,
informelle et largement ouverte aux membres des groupes, pour 2009, et ceux qui
pensent qu’il est peut-être inopportun de trop multiplier les occasions de
rencontres, le plus fondamental étant ce qui se vit au niveau de nos monastères
d’origine.
Quoi
qu’il en soit, il a été convenu et accepté que ceux qui désirent provoquer
cette rencontre en 2009 en assumeront l’initiative, l’organisation et la mise
en œuvre indépendamment du CI.
Nous
avons ensuite évoqué la rencontre de Lourdes d’Octobre 2007, à l’initiative de la CSMF, sur le thème ‘Familles
spirituelles, laïcs religieux, un nouveau visage d’Eglise. Plusieurs d’entre
nous y participerons.
Quatrième
rencontre : Dimanche après-midi
Nous
décidons de reprendre le travail dès 14h, et de ne pas participer à l’office de
None afin de pouvoir terminer le travail pour 17h. Le représentant d’Ubexy nous
quitte, ainsi que quelques membres de Scourmont, mais Dom Armand se joint à
nous.
Nous
lui exposons, par un bref résumé, la teneur de nos séances précédentes. Dom
Armand nous écouté attentivement. Je lui ai demandé de nous lire un document
auquel Marie-Claire, de Scourmont, avait fait allusion la veille, relatif aux
types de relations possibles entre les communautés monastiques et les groupes
de laïcs qui s’y rattachent. Le type de reconnaissance que les laïcs peuvent en
attendre sur le plan juridique en découle, bien évidemment.
Comme
nous l’explique Dom Armand, deux possibilités existent :
- soit chaque groupe reste lié à son
monastère, et l’Ordre prend acte de l’existence de ce élément nouveau qui fait
du groupe de laïcs une composante particulière de la communauté monastique, et
modifie dans ce sens le texte de ses Constitutions
- soit, les groupes de laïcs s’agrègent entre
eux, s’autonomisant des monastères pour donner naissance à une sorte de Tiers
Ordre Cistercien, dépendant alors non plus de l’Ordre comme tel, mais relevant
de la Congrégation pour les Laïcs en devenant « une association de fidèles laïcs ».
Les réactions des uns et
des autres à ces schémas sont allées très nettement vers la première hypothèse.
Nos
échanges sont alors devenus plus fournis et beaucoup moins consensuels. Nous
avons notamment été très partagés sur le fait qu’une « mission »
spécifique incomberait aux laïcs cisterciens.
Pour
la plupart d’entre nous, il était bien évident que notre engagement cistercien
n’implique pas que nous ayons une mission « en plus » à accomplir,
mais bien plutôt qu’il nous transforme de l’intérieur et donne ainsi naissance
à une façon « nouvelle » d’accomplir toute notre mission de chrétiens
dans le monde, façon toute différente car habitée par l’expérience
d’unification de notre être que nous découvrons grâce à ce laïcat cistercien.
Par
contre, pour certains, cette « mission » en Eglise s’apparente plus à
un nouvel apostolat, le laïc cistercien étant pour ainsi dire
« envoyé », « missionné », après un temps de formation plus
ou moins long (cf. ci-dessus).
S’en
est alors suivi tout un échange sur la distinction entre « l’être »
et le « faire », discussion intéressante, certes, mais un peu marquée
par la fatigue accumulée, ce qui a fait dire, bien justement, à Sœur
Marie-Raphaële :
« Oh ! C’est bien
compliqué ! ».
Aussi
avons-nous pensé qu’il était temps de clôturer la rencontre, avant de nous
perdre dans des échanges qui risquaient de devenir trop
« intellectuelo-scholastiques » !
Conclusion :
Cette
seconde Rencontre des groupes francophones fut assez différente de la première,
mais toutes deux forment un tout.
A
l’exception des groupes de Koutaba, l’Atlas, Tamié et Orval, la totalité des
groupes de langue française a été présente ou représentée. Un travail
considérable d’approfondissement de ce que nous sommes, et, sans doute, de ce
que nous ne voulons pas être, s’est fait, dans une ambiance d’écoute et de
profond respect mutuel. Nous avons ainsi appris à nous connaître et à découvrir
la richesse de ce que nous partageons, justement à travers la diversité de nos
expériences réciproques. Cette rencontre nous a aussi permis de constater que
beaucoup reste à faire sur le plan de la réflexion. Mais nous avons déjà bien
mis en marche notre prochain rendez-vous, à Huerta, l’an prochain, qui
rassemblera des soeurs et des frères
venant du monde entier.
En
2006, nous célébrions le dixième anniversaire de la mort tragique des frères de
Tibhirine, en 2007 la fête de la Sainte Trinité.
Pour
tous ces dons reçus, nous ne pouvons que rendre grâce !
Marie-Christine
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