Bienvenue sur le site de l'Abbaye du Rivet



Le mot de Mère Abbesse


Très vite, en ce mois de février nous entrons dans le temps liturgique du Carême, avec la célébration des Cendres le mercredi 14 février. Temps privilégié, temps fort, « kairos », c’est-à-dire moment favorable qui, durant 40 jours, nous conduit pas à pas à revivre le mystère pascal, à contempler la victoire de la miséricorde.
Le carême est très vite envisagé comme un temps de pénitence. Oui, il l’est, certes. Mais est-ce sa seule visée ? Dans notre société de consommation, comment peut-on l’envisager ? Ne serait-ce pas un temps où l’on peut être libre, disons plutôt un temps où nous pouvons mieux regarder comment nous faisons usage de notre liberté ? Etre libre, cela s’apprend. Et le processus pour l’apprendre inclue l’obéissance, la discipline et l’abnégation. L’obéissance demande l’écoute, la discipline implique l’effort, l’abnégation ouvre aux autres. Ces trois valeurs peuvent, doivent accompagner notre temps du carême pour que celui-ci ne se réduise pas au jeûne – ce qui est déjà quelque chose. Mais jeûner pourquoi ? Se priver pourquoi ? Sinon pour grandir dans une justesse de relation avec le Seigneur et avec les autres.
Si le carême pouvait nous aider à apprécier chaque personne pour ce qu’elle est et non pour la manière dont elle sert mes propres fins, à considérer chaque chose pour ce qu’elle est et non pour le besoin utilitaire que j’en ai, ce serait une réelle victoire sur nous-mêmes. Ce serait ouvrir à l’intérieur de nous-mêmes un champ libre que le Seigneur pourrait envahir. Ce serait nous convertir !

Mère Marie Christine




(C) 2008 - Tous droits réservés

Imprimer cette page