Vous êtes ici: Jeunes Interview du mois

« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, je rencontre Astrid

Sœur Marie-Benoît : Bonjour Astrid, peux-tu te présenter à nos jeunes internautes ?
Astrid : Bonjour Sœur Marie-Benoît. J’ai 28 ans. Passionnée de littérature, j’ai d’abord hésité à travailler dans l’édition avant de me réorienter et suis maintenant professeur de français depuis 5 ans. Ce métier me permet d’être au contact de vraies personnes (et non pas face à un ordinateur), de transmettre ma passion des Lettres, des livres, des mots et aussi de voir les élèves évoluer, grandir, se questionner, s’approprier des savoirs. C’est très enrichissant !

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une place importante dans ta vie ? Peux-tu dire ce qu’est l’amitié ?
Astrid : Oui ! L’amitié est une grande chance, une force. On se laisse « apprivoiser » et on « apprivoise » en retour, c’est très beau ! Les amis sont une sorte de famille que l’on choisit (ou qui nous choisit, ça dépend, on peut être surpris !) et qui nous permettent de grandir, de prendre confiance, de donner.

Sœur Marie-Benoît : Y a-t-il un épisode dans l’Évangile que tu aimes ? Peux-tu nous en dire quelques mots ?
Astrid : Il y en a plusieurs, mais je vais choisir la parabole du fils prodigue. De manière générale j’aime beaucoup les paraboles parce que ce sont des images qui parlent tout de suite. Celle-ci m’a marquée, plus jeune. Comme beaucoup d’enfants, j’avais un sens de la justice assez tranché et ne comprenais pas pourquoi ce fils, qui n’était pas méritant, était si bien accueilli par son père. Et c’est finalement ce qui est beau (et rassurant !) : nous sommes amenés à nous améliorer, à évoluer et ne sommes pas condamnés à être le reflet d’un acte mauvais que l’on a posé un jour.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans l’Église ?
Astrid : Question difficile ! Du point de vue de l’institution, je dirais son désir d’être plus vraie, ces derniers temps. D’un point de vue plus général, toutes les actions – parfois périlleuses – qui sont menées pour venir en aide à d’autres.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans le monde ?
Astrid : Certaines prises de conscience, notamment en lien avec l’écologie. J’ai un tempérament assez contemplatif et la nature m’est un lieu de ressourcement. Je trouve important qu’on y revienne, qu’on s’y intéresse de plus près et qu’on veuille en prendre soin.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce qui te paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?
Astrid : D’essayer d’être dans le vrai, de ne pas se laisser parasiter par les envies des autres, par de faux besoins et surtout de prendre le temps de comprendre ce qui les anime vraiment.

Sœur Marie-Benoît : Quelle est ta recette du bonheur ?
Astrid : Je n’en ai pas vraiment. Tenter de prendre conscience de tout ce qui me comble déjà. Je suis toujours moins heureuse quand je suis trop dans l’attente. Les joies simples…

Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaites-tu partager à nos internautes ?
Astrid : Une phrase extraite d’une pensée de Christian Bobin dans Autoportrait au radiateur : « Vouloir plaire – c’est mettre sa vie dans la dépendance de ceux à qui l’on veut plaire et de cette part en eux, infantile, qui veut sans fin être comblée. Ceux qui recueillent les faveurs de la foule sont comme des esclaves qui auraient des millions de maîtres ». Pas facile à mettre en application, mais tellement vrai !