Bienheureux Christian de Chergé (1937-1996)

Les créatures sont missionnaires (« missionnées ») parce qu’elles ont été créées à l’ombre et dans l’élan de l’ESPRIT qui est le chargé de mission de la TRINITE entre Père et Fils. Elles viennent du cœur de Dieu. Chacune a son utilité que la Bible affirme « théocentrique ».
Les cieux racontent la gloire de Dieu.
Le soleil, les astres : dociles à la Parole (cf. Ba 3, 32-36).
La pluie, la neige… ne retournent pas sans avoir accompli leur office (Is 55, 10ss).
Les créatures ont un message, une Bonne Nouvelle (le jour au jour…) à ANNONCER Dieu par leur seule existence, un Dieu qui sert et qui aime.
François chante les créatures dans leur MISSION particulière. La terre entière est porteuse de germes. Au moment d’achever sa course, il reste fidèle à sa mission qui est de célébrer la gloire de Dieu dans ses créatures et de laisser déborder l’amour dans son cœur. Il a proclamé l’Evangile même aux oiseaux, au loup… Il accueille des êtres inanimés. Il ne cherche pas à baptiser le soleil, la lune, etc., ni même à leur proclamer l’Evangile (comme la finale de Marc : « à toute la création »). Il les accueille comme porteurs, signes de l’Evangile : il les remercie d’avoir contribué à sa CONVERSION. Et il célèbre l’HARMONIE qui existe entre les êtres lorsque chacun tient sa place dans le monde, joue le rôle qui lui est dévolu. Si le soleil voulait prendre la place de la terre… Si l’étoile enviait la vitesse du vent…
François : « Il ouvrait chacun de ses sermons par un souhait de PAIX avant de transmettre à l’assistance la Parole de Dieu ; il disait : « Que le Seigneur vous donne la PAIX ». Cette paix, il la souhaitait toujours, et avec conviction, aux hommes et aux femmes, à tous ceux qu’il rencontrait ou croisait sur sa route. Et cela eut souvent pour effet, avec la grâce de Dieu, d’amener ceux qui, réfractaires à la paix, étaient ennemis de leur propre salut, à embrasser la PAIX de tout leur cœur, à devenir aussi des fils de la paix et des conquérants du salut éternel » (Celano I, X).
Première lecture (1Th 2, 1-8) : Paul définit le climat de la MISSION, et les sentiments du « missionnée ». Ni ruse, ni motifs intéressés, ni arrière-pensées, ni paroles flatteuses, ni quête d’honneur, mais gratuité, affection, douceur comme une mère réchauffe contre son sein les enfants qu’elle nourrit. Cf. Ps 132 Garde mon âme dans la PAIX !
La mission ? Donner l’EVANGILE de Dieu. Et tout ce que nous sommes…. Tant vous nous étiez devenus chers.
Jésus. Dans l’Evangile aussi, les éléments sont des messagers, des ouvriers de la PAIX. L’étoile des mages qui parle aux païens. Le verre d’eau aux plus petits. Le vent comme signe des temps. Eau +vent comme signes de l’Esprit Saint…
Chacun des éléments chantés par François est porteur de paix évangélique. Les conditions de la MISSION sont celles de la PAIX :
-Seigneur, ENVOIE-MOI. Le monde ne peut pas envoyer en mission. On est en mission pour le monde. « Je vous donne ma PAIX non comme le monde la donne. »
-ALLEZ !...Sortir de chez soi, parce que la PAIX est de soi universelle, dépasse les frontières des peuples et des religions (esprit d’Assise). Nous vivons une ère cosmique qui est une grâce car tout doit être pensé à l’échelle planétaire. « La marmite » nous oblige à sortir pour nous mettre au service !

Homélie du mardi 25 août 1987