Amédée de Lausane
L’Assomption de Marie

Il semble que la Vierge aurait dû être introduite au ciel
dès que le Seigneur y fut monté.
Pourquoi donc fut-elle retardée même d'un instant,
et séparée de son Fils ?
Pourquoi son désir si saint, plus ardent que le feu
fut-il différé ?
C'est que ce délai ne fut pas une mince consolation
pour les disciples du Christ.
Ce délai n'ôta rien à la mère,
et il apporta au monde des remèdes de salut.
Le Seigneur Jésus voulut en effet que,
après son retour auprès du Père,
les Apôtres puissent jouir de l'assistance
et de l'éducation maternelles.
Bien que déjà instruits par l'Esprit,
ils avaient encore à apprendre de celle qui donna au monde
le Soleil de justice
et fit jaillir pour nous de son sein immaculé,
comme d'une prairie virginale,
la source de la Sagesse.
Enfin, dans son admirable bonté,
La Providence a voulu que l'Église primitive;
qui ne voyait plus Dieu présent dans notre chair,
puisse voir sa mère et être réconfortée
par une vue si aimable. ...
Bienheureuse nation, heureuse génération
qui mérita d'être illuminée d'un tel spectacle !
Oui, bienheureuse cette génération fidèle et joyeuse
au milieu de laquelle a été planté l'arbre
qui produit le fruit de vie,
a brillé la mère de la lumière véritable,
a paru le puits fermé et scellé
dont est sortie la source de la maison de David,
ouverte pour la purification des péchés et des souillures.
Cet insigne privilège, ce don céleste, cette grâce spéciale
ont été accordés à l'Église des premiers chrétiens.

AMÉDÉE DE LAUSANNE, Homélie sur la Vierge Marie