Vous êtes ici: Jeunes Interview du mois

« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, je rencontre Christelle


Sœur Marie-Benoît : Bonjour Christelle, peux-tu te présenter à nos jeunes internautes ?

Christelle : Bonjour sœur Marie-Benoît. J‘ai 28 ans et suis professeur des écoles depuis bientôt six ans. J’aime mon métier, qui me permet d’être au contact d’enfants curieux de tout, et heureux de vivre. Je suis aussi une jeune mariée, très heureuse de (re)découvrir chaque jour que Dieu m’appelle à vivre mon chemin de sainteté à deux !

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une place importante dans ta vie ? Peux-tu dire ce qu’est l’amitié ?

Christelle : Oui l’amitié a eu, et a encore une très grande place dans ma vie. J’admire profondément certains de mes amis. La plupart m’ont aidée à me construire, à grandir aussi en confiance en moi, en posant sur moi un regard bienveillant. L’amitié est une très belle forme d’amour : elle rapproche deux cœurs qui s’attirent, et les lie d’un lien stable et fidèle qui peut durer la vie entière s’il est bien entretenu.

Sœur Marie-Benoît : Y a-t-il un épisode dans l’Évangile que tu aimes ? Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Christelle : Oui, il y en a même plusieurs ! Si je dois en retenir un seul, je parlerais de l’évangile bien connu de l’enfant prodigue, qu’on n’a pas fini de méditer et d’approfondir. La tendresse inconditionnelle du père devant son fils pécheur qui revient à la maison, me bouleverse à chaque fois que je réentends ou que je relis cet épisode. Je fais toujours le parallèle avec le sacrement de la confession, dans lequel Dieu nous pardonne entièrement et à chaque fois, sans se lasser.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans l’Église?

Christelle : Beaucoup de belles choses. Je vois autour de moi des paroisses accueillantes, ouvertes sur les autres, aux publics diversifiés. J’entends parler d’initiatives au service du bien commun (conférences St Vincent de Paul, Aide à l’Eglise en Détresse…) ou d’initiatives tout aussi importantes à but informatif (séminaires de formation sur les questions d’éthique/bioéthique, etc.). Enfin, je vois surtout (et cela m’émerveille !) des prêtres qui, malgré les difficultés actuelles au sein du clergé, malgré leur vie de solitude, malgré les tensions entretenues par les médias à leur égard, essaient de mener à bien leur mission en étant fidèles à leur vocation ! Certains prêtres sont, selon moi, de véritables « martyrs » des temps modernes.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans le monde ?

Christelle : De belles œuvres sociales, des liens intergénérationnels qui se resserrent dans certains endroits, des jeunes en quête de sens à leur vie, des parents qui essaient de bien faire dans l’éducation de leurs enfants, même s’ils se sentent démunis face à cette tâche.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce qui te paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?

Christelle : Il me semble que l’on est dans un monde plutôt déstructuré, qui n’aide pas à trouver un sens à sa vie. Beaucoup ne savent pas pourquoi ils vivent, ce qu’ils font là, ce qu’ils vont faire de leur vie… Certains pensent même que leur vie n’a aucune valeur ! J’aimerais dire à ces jeunes de continuer de creuser tant qu’ils n’ont pas de réponse satisfaisante à leurs questions existentielles. Et de s’entourer pour cela de gens de confiance, plus expérimentés qu’eux, et qu’ils admirent. Je leur dirais aussi d’essayer d’être attentif aux petits riens qui font le monde, à la beauté de la Nature, à la complexité de l’Homme, à la soif d’infini qu’on a au fond du cœur, …à tout ce qui nous prouve qu’il existe un ordre établi dans le monde, et que celui-ci ne peut pas être fait pour le néant.

Sœur Marie-Benoît : Quelle est ta recette du bonheur?

Christelle : Essayer de rester optimiste et confiante, quelles que soient les difficultés que je trouve sur mon chemin. Je n’y arrive pas toujours, loin de là, mais j’essaie de travailler l’Abandon dans les bras du Seigneur, à la manière de St Charles de Foucauld dont je récite souvent la prière.

Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaites-tu partager à nos internautes ?

Christelle : « Tout est grâce », de sainte Thérèse. Cette phrase m’aide souvent à porter un autre regard sur les gens qui m’entourent ou sur mes petites difficultés. Elle me fait prendre de la hauteur et m’aide à porter sur le monde un regard plus surnaturel et plus empreint de Foi.