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« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, j’ai l’honneur de rencontrer pour vous François-Xavier.


Sœur Marie-Benoît : Bonjour François-Xavier, pouvez-vous vous présenter à nos jeunes internautes ?

François-Xavier : J’ai 46 ans, dernier d’une famille de 4 enfants d’origine bordelaise, je suis célibataire et habite Langon depuis 2002. J’exerce le métier d’enseignant de mathématiques au collège saint Clément de Cudos.

J’ai été ordonné diacre permanent il y a 4 ans par Mgr Ricard qui m’a confié la belle « charge » des catéchumènes sur les secteurs de Langon et Podensac et m’a nommé l’an dernier dans l’équipe diocésaine du catéchuménat. Dans la mesure de mes disponibilités, j’aide aussi les prêtres du secteur en célébrant baptêmes et mariages.

Sœur Marie-Benoît : Vous êtes diacre permanent. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre vocation au diaconat ? Quel « plus » cela apporte-t-il dans votre vie de tous les jours et votre vie de foi ?

François-Xavier : Lorsque j’ai été interpellé il y a quelques années, j’ai résisté avec force ! Je n’avais en effet jamais envisagé ce ministère et ne me sentais pas du tout concerné… Pour moi, le diacre permanent était un homme marié, père de nombreux enfants, retraité et très calé en théologie : bref tout mon contraire !! Il m’a fallu deux bonnes années de discernement, en particulier avec les exercices spirituels, pour entendre réellement l’appel du Seigneur. Les mots d’Isaïe ont alors envahi mon cœur : « Tu as du prix à mes yeux, je t’ai gravé dans la paume de mes mains » et j’ai cédé à sa volonté…

Mon ordination a tout changé de ma vie désormais « ordonnée » pour le Seigneur et le service de mes frères ; et en même temps rien n’a changé : je reste le même homme, bien ancré dans le monde de part ma profession et gardant toutes ses faiblesses… C’est assez complexe à expliquer.

Dans la vie de tous les jours je me sens plus « attendu » en tant que ministre ordonné et j’essaie donc de répondre au maximum aux demandes des personnes.

Je suis énormément soutenu par la liturgie des heures, les diacres s’engagent en effet à prier tous les jours au moins l’office des Laudes et des Vêpres. Beaucoup de personnes me confient des intentions.

Le fait de devoir prêcher m’a aussi redonné beaucoup de goût pour la Parole de Dieu.

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une place importante dans votre vie ? Pouvez-vous dire ce qu’est l’amitié ?

François-Xavier : Etant célibataire, l’amitié est très importante pour moi. J’ai la chance d’avoir de très bons et « vieux » amis qui me soutiennent beaucoup dans les difficultés et m’apportent beaucoup de joies… et j’essaie de faire de même avec eux. J’ai le bonheur d’être 5 fois parrains : voilà sans doute une belle preuve d’amitié ! Savoir qu’il y a quelques personnes chez qui l’on peut sonner à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour partager les pleurs ou les rires est une grande richesse, et je l’ai vécu !

Sœur Marie-Benoît : Y a-t-il un épisode dans l’Évangile que vous aimez particulièrement ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

François-Xavier : Dans l’évangile de Marc au chapitre 5 (versets 21 à 43).

21 Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer.
22 Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
23 et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
24 Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
25 Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –
26 elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –…
27 cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
28 Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
29 À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
30 Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
31 Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
32 Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela.
33 Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
34 Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
35 Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? »
36 Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »
37 Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
38 Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
39 Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
40 Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant.
41 Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
42 Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.
43 Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

C’est un magnifique texte, un des fameux « sandwichs marciens » où Marc intercale un récit –le réveil de la fille de Jaïre- à l’intérieur d’un autre –la guérison de la femme aux pertes de sang- tout cela au milieu d’une foule immense qui ne cesse de poursuivre Jésus. J’ai toujours l’impression d’y être !! Lisez-le, c’est aussi simple, je pourrai vous en parler pendant des heures….

J’y ai choisi mon verset d’ordination : « Ne crains pas, crois seulement. » Tout est dit !!!

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre dans l’Église?

François-Xavier : Tous ces adultes qui se présentent à nous pour demander le baptême, la confirmation et de plus en plus souvent la première communion. Ces catéchumènes sont une grande richesse pour l’Eglise, à nous de savoir leur laisser la place qu’ils doivent y prendre.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que vous voyez de beau à l’œuvre dans le monde ?

François-Xavier : Les artisans de paix. Ce qui se passe actuellement en Colombie, pays que j’ai eu la chance de visiter, est magnifique. Après des décennies de guerre atroce, la paix n’a jamais semblée aussi proche. Prions pour tous les dirigeants de ce pays et ceux qui sont engagés dans ce processus.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce qui vous paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?

François-Xavier : Patience ! Tout vient à point à qui sait attendre. Lisez et priez avec la Parole de Dieu.

Sœur Marie-Benoît : Quelle est votre recette du bonheur?

François-Xavier : Si vous la connaissez : je suis preneur !! Une journée au Rivet peut-être ?

C’est je pense d’avoir le sentiment d’être là où le Seigneur m’attend, dans la joie ou la peine.

Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaitez-vous partager à nos internautes ?

François-Xavier : « Si tu savais le don de Dieu ».