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« Elargis ton cœur ! »
Tu es invité au cœur d’une rencontre, d’une conversation où une sœur interroge une personne de passage à l’abbaye sur sa façon de vivre la foi, de témoigner de l’amour du Christ et de l’Eglise dans sa vie quotidienne.


Aujourd’hui, je rencontre Frédérique


Sœur Marie-Benoît : Bonjour Frédérique, peux-tu te présenter à nos jeunes internautes ?

Frédérique : Bonjour, je suis consacrée du diocèse d’Angers depuis 15 ans. Après quelques années d’enseignement dans le secondaire (collège, lycée et lycée professionnel) je me suis investie dans le service de l’Église principalement dans la pastorale des jeunes, des étudiants et dans la formation permanente de mon diocèse pendant presque 15 années. Sur appel de l’évêque d’Angers j’ai poursuivi mes études de théologie et j’enseigne la théologie depuis 20 ans dans des facultés et des séminaires. Actuellement j’enseigne au Collège des Bernardins. Je fais partie d’une fraternité cistercienne ce qui fait que je suis aussi investie auprès des jeunes moines et moniales (STIM) et donne régulièrement des sessions dans les monastères.

Sœur Marie-Benoît : L’amitié a-t-elle une place importante dans ta vie ? Peux-tu dire ce qu’est l’amitié ?

Frédérique : Oui l’amitié a été une expérience très importante dans ma vie, fondatrice même. L’amitié c’est pour moi un don, un cadeau que Dieu fait à deux êtres : pouvoir s’aimer dans la liberté et la gratuité. Sans doute une des plus belles expériences que nous puissions faire de notre vocation spirituelle. La véritable amitié, c’est déjà aimer sur cette terre comme nous aimerons dans le Royaume. Aelred de Rievaulx parle « d’une même âme en deux corps », en fait deux êtres qui s’aiment en Christ. Et aimer ainsi c’est être responsable de l’autre, tout mouvement qui va à l’encontre de l’amour touche aussi l’autre. On s’entraîne et plus on avance ensemble vers Dieu plus le lien est fort, plus la communion est réelle.

Sœur Marie-Benoît : Y a-t-il un épisode dans l’Évangile que tu aimes ? Peux-tu nous en dire quelques mots ?

Frédérique : Dans l’Évangile ? Je crois que mon passage préféré c’est Jean 12, 1-11, l’onction de Béthanie. L’amour fou, le parfum répandu pour rien, juste par amour. J’aime à croire que c’est un geste qui a tellement touché Jésus qu’il a à son tour lavé les pieds de ses disciples dans un amour fou. Deux gestes qui se rejoignent et qui font sens ensemble.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans l’Église?

Frédérique
: J’ai la chance de côtoyer beaucoup de jeunes, consacrées, moines, moniales, séminaristes. Leur générosité me touche beaucoup. Ils ont trouvé un trésor de grand prix et laissent tout pour suivre le Christ. Je vois aussi beaucoup de générosité dans les paroisses mais ce qui me touche le plus c’est d’être témoin de la soif de Dieu qui habite les cœurs. « Tu nous as fait pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. » dit Augustin Accompagner cette quête est source de grande joie.

Sœur Marie-Benoît : Qu’est-ce que tu vois de beau à l’œuvre dans le monde ?

Frédérique : Je suis toujours émerveillée devant le sourire d’un enfant, devant une nuit étoilée. Je peux passer des heures la nuit à contempler le firmament, j’y trouve une grande consolation spirituelle. Notre monde, notre cosmos est beau, quelle merveille que la création. Mais ce qui me touche le plus c’est que fondamentalement la plupart des gens sont gentils…Quand il y a une catastrophe, un enfant qui souffre, les gestes de solidarité, l’entraide, la générosité des gens me poussent à rendre grâces…
Sœur Marie-Benoît
: Qu’est-ce qui te paraît important de dire à des jeunes en recherche de sens ?

Frédérique : En recherche de sens ? J’ai envie de leur poser une question : qu’est-ce qui te rend profondément heureux ? Et une certitude Dieu veut notre bonheur profond. La volonté de Dieu c’est la rencontre de deux désirs, notre désir qui rencontre un Dieu qui nous sauve et nous aime. Je dis souvent aux jeunes : Dieu ne veut pas de bagnards à sa suite mais des hommes et des femmes libres et heureux dans le don…
Sœur Marie-Benoît : Quelle est ta recette du bonheur?

Frédérique : Ma recette ? Je n’en ai pas ! Et en plus j’ai une telle soif qu’elle reste toujours inassouvie ! Je suis très sensible à la question du mal sur lequel je travaille beaucoup et une certitude m’habite : le mal ne sait pas aimer, il en est incapable. A chaque fois que l’on aime en vérité, comme le Christ a aimé, on est vainqueur du mal…
Sœur Marie-Benoît : Quelle parole de sagesse ou autre, souhaites-tu partager à nos internautes ?

Frédérique : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière » Jn 3,21…tout un programme !