Extrait de l’HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
JUBILÉ DU SPORT
Le binôme Trinité-sport n’est pas vraiment courant,
et pourtant cette association n’est pas déplacée.
En effet,
toute bonne activité humaine porte en elle un reflet de la beauté de Dieu,
et le sport en fait certainement partie.
D’ailleurs,
Dieu n’est pas statique,
il n’est pas fermé sur lui-même.
Il est communion,
relation vivante entre le Père,
le Fils et le Saint-Esprit,
qui s’ouvre à l’humanité et au monde.
C’est de ce dynamisme divin que jaillit la vie.
Nous avons été créés par un Dieu qui se réjouit et se complaît à donner l’existence à ses créatures,
qui « “joue”.
Certains Pères de l’Église parlent même d’un Dieu qui se divertit.
C’est pourquoi le sport peut nous aider à rencontrer Dieu Trinité :
parce qu’il exige un mouvement de soi vers l’autre,
certes extérieur,
mais aussi et surtout intérieur.
Sans cela, il se réduit à une stérile compétition d’égoïsmes.
Pensons à une expression couramment utilisée en italien
pour encourager les athlètes pendant les compétitions :
les spectateurs crient « Dai ! » (Allez !).
Nous n'y prêtons peut-être pas attention,
mais c’est un impératif magnifique :
c’est l’impératif du verbe “dare” (donner).
Et cela peut nous faire réfléchir :
il ne s’agit pas seulement de donner une performance physique,
même extraordinaire,
mais de se donner soi-même,
de “se mettre en jeu”.
Il s’agit de se donner pour les autres –
pour leur croissance,
pour les supporters,
pour les proches,
pour les entraîneurs,
pour les collaborateurs,
pour le public,
même pour les adversaires –
et,
si l’on est vraiment sportif,
cela vaut au-delà du résultat.
Saint Jean-Paul II
– un sportif, comme nous le savons –
en parlait ainsi :
« Le sport est joie de vivre,
jeu,
fête,
et comme tel,
il doit être valorisé [...] par la redécouverte de sa gratuité,
de sa capacité à créer des liens d’amitié,
à favoriser le dialogue et l’ouverture des uns vers les autres,
[...] au-delà des lois dures de la production et de la consommation
et de toute autre considération purement utilitaire et hédoniste de la vie »
