ASCENSION : Le mouvement est achevé
Dans l’Ascension,
le mouvement est achevé.
Celui qui s’est abaissé a été élevé.
Ceux qui ont prétendu élever en Croix le Fils de l’Homme ne savaient pas
à quel point ils rejoignaient le dessein de Dieu.
L’humanité retrouve son Orient,
à la verticale de Jérusalem.
Pour autant la mission demeure qui est celle du Verbe,
féconder la terre.
Jésus prend son essor,
et avec lui notre chair,
notre humanité.
Elle traverse le voile de la condition terrestre.
La voici qui découvre le mouvement qui la fait naître d’en haut.
Dans le même temps,
elle pressent son envergure.
L’Arbre dont la cime touche le ciel et dont les ramures touchent les extrémités du monde.
Ah si tu déchirais les cieux !
Les cieux sont déchirés pour que l’homme y monte.
Ainsi la troisième dimension absente dans la mort et le sépulcre fait partie de la nature humaine.
L’homme a été créé debout non pour être couché un jour dans la mort mais pour le demeurer.
Jésus est mort debout.
Ainsi élevé de terre,
il attire tout à lui.
La présence de Marie,
en prière avec les disciples prouve la continuité de ce qui a été engagé à l’Annonciation.
Il va falloir continuer de porter le Corps du Christ jusqu’à son terme,
cette incarnation dans la gloire.
Mais alors, pourquoi est-il venu si ce n’est pas pour nous frayer des raccourcis…
ou nous conduire droit au but ?
Il est venu pour éclairer d’un sens nouveau,
d’un sens ouvert,
tout ce qui nous arrive,
toute notre condition humaine.
Lorsque notre intelligence bute sur les faits,
les êtres, les évènements,
comme sur les Écritures,
il est ce compagnon invisible qui va toujours plus loin.
Plus loin que les sens littéral,
plus loin que le pain multiplié,
plus loin que l’auberge en chemin d’Emmaüs,
plus loin que les larmes de la mort,
aussi loin que Dieu.
Quand Dieu choisit de s'abaisser pour tout partager de notre vie.
Quand Dieu choisit de nous relever pour nous partager de Sa vie.
La JOIE pour laquelle nous sommes faits,
celle de l’Esprit,
celle des fils de ce Verbe incarné,
ce sera de pouvoir communiquer à l’élan de l’Ascension.
Dans ce moment même où il nous est demandé de communier à la vie des hommes,
la joie des choses,
la joie de la vie :
espérer quoi qu’il en coûte.
F. Christian, extraits de l'homélie pour la fête de l'Ascension, le 12 mai 1983
