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Le mot de Mère Abbesse

Nous venons de vivre la Grande Semaine et le Triduum Pascal et maintenant, nous entrons dans la grande joie pascale, celle de la résurrection du Christ. Le chant de l’alléluia a repris ses droits. La mort est vaincue et c’est la vie qui se déverse, inondant tout sur son passage. C’est le jour du Vivant sur notre terre. Un jour qui va se déployer sur cinquante jours, cinquante jours comme un seul jour. Nous n’allons pas nous lasser de partager l’inouïe nouvelle de la joie de Pâques, de la résurrection, nous n’allons pas nous lasser de la chanter et de la laisser submerger notre quotidien.
Tout change pour nous en ce matin de Pâques. Alors que le soleil se lève et que les femmes se rendent au tombeau, alors que les disciples y accourent parce qu’il est vide, tout change, tout bascule. C’est la victoire définitive de la vie sur la mort. Définitive, oui. Et c’est tout notre quotidien qui en est transformé, illuminé qu’il est par la lumière pascale, celle du Christ qui a repoussé les ténèbres de la mort, qui a roulé la pierre du tombeau. C’est une certitude : Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Notre joie est totale et tout peut s’inscrire dans la durée de la victoire de la vie sur la mort. Notre cœur est alors tout bouleversé, comme celui des disciples d’Emmaüs sur leur chemin. Touchés au fond de nous-mêmes par cette bonne nouvelle, nous pouvons poursuivre notre route avec un cœur tout brûlant, les yeux rivés sur celui qui nous conduit vers le jardin de la vie. Oui, nous pouvons avancer vers la vie dans la confiance et la joie et nous pouvons le dire à tous les hommes, nos frères : Oui, ma joie, Christ est ressuscité !

Mère Marie Christine

Le mot de Mère Abbesse

Nous abordons en ce mois d’avril, le dernier dimanche de carême avant d’entrer, avec le dimanche des Rameaux, dans la grande Semaine Sainte. Pas à pas, nous avons progressé, en ce temps de carême, avec les grands évangiles que nous donne à lire l’Année A lors des dimanches. Celui du 5ème dimanche nous donne à lire la résurrection de Lazare, nous conduisant doucement vers le basculement de la vie de Jésus, qui va mourir, donnant sa vie sur la croix pour le salut du monde, mais qui en mourant ouvre le chemin de la vie, vers la vie et ce, de manière définitive. Et la liturgie nous conduit progressivement, par étapes afin que nous vivions, nous aussi, ce mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, de manière engagée.
Jésus s’avance délibérément sur la route de la Passion. Et en allant redonner vie, à son ami Lazare, il nous dit qu’il est lui, la résurrection et la vie. Il ne refusera pas la mort qui va s’offrir à lui, il ne s’agrippera pas au fruit de l’arbre de vie en convoitant l’immortalité. « L’arbre de vie, c’est lui et le fruit est bientôt mur qui doit éclore en paradis » disait Christian de Chergé. Jésus s’avance délibérément, mais cela ne signifie pas qu’il brave la mort. Le face à face avec elle sera un moment de douleurs, de sueurs de sang, de prière intense vers son Père. Mais il ne refusera pas. Il ne crispera pas ses mains pour retenir la vie ; au contraire, il les ouvrira pour qu’elles adhérent à la croix, lieu de son passage pour une vie éternelle. Le signe, le grand signe va nous être donné. Au lendemain du lavement des pieds, Jésus s’abaissera encore plus loin. Après avoir déposé ses vêtements pour laver les pieds de ses disciples, il déposera sa vie sur le bois de la croix. Nous entrerons alors dans la nuit de l’attente de Celui qui est la résurrection, en sa personne même, une résurrection contagieuse de vie.

Mère Marie Christine