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Le mot de Mère Abbesse

Nous abordons en ce mois d’avril, le dernier dimanche de carême avant d’entrer, avec le dimanche des Rameaux, dans la grande Semaine Sainte. Pas à pas, nous avons progressé, en ce temps de carême, avec les grands évangiles que nous donne à lire l’Année A lors des dimanches. Celui du 5ème dimanche nous donne à lire la résurrection de Lazare, nous conduisant doucement vers le basculement de la vie de Jésus, qui va mourir, donnant sa vie sur la croix pour le salut du monde, mais qui en mourant ouvre le chemin de la vie, vers la vie et ce, de manière définitive. Et la liturgie nous conduit progressivement, par étapes afin que nous vivions, nous aussi, ce mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, de manière engagée.
Jésus s’avance délibérément sur la route de la Passion. Et en allant redonner vie, à son ami Lazare, il nous dit qu’il est lui, la résurrection et la vie. Il ne refusera pas la mort qui va s’offrir à lui, il ne s’agrippera pas au fruit de l’arbre de vie en convoitant l’immortalité. « L’arbre de vie, c’est lui et le fruit est bientôt mur qui doit éclore en paradis » disait Christian de Chergé. Jésus s’avance délibérément, mais cela ne signifie pas qu’il brave la mort. Le face à face avec elle sera un moment de douleurs, de sueurs de sang, de prière intense vers son Père. Mais il ne refusera pas. Il ne crispera pas ses mains pour retenir la vie ; au contraire, il les ouvrira pour qu’elles adhérent à la croix, lieu de son passage pour une vie éternelle. Le signe, le grand signe va nous être donné. Au lendemain du lavement des pieds, Jésus s’abaissera encore plus loin. Après avoir déposé ses vêtements pour laver les pieds de ses disciples, il déposera sa vie sur le bois de la croix. Nous entrerons alors dans la nuit de l’attente de Celui qui est la résurrection, en sa personne même, une résurrection contagieuse de vie.

Mère Marie Christine